En pratique, la veille peut prendre plusieurs formes:
1- Le faire soi-même (c’est long et incertain !).
2- Utiliser un logiciel de veille concurrentielle (google avec les mots clés à surveiller, Vigilus Smart pour surveiller les modifications sur le site de son concurrent…).
3- Prendre un cabinet de veille concurrentielle: il vérifie les dépôts de marque (www.inpi.fr), les embauches de salariés sur les sites des concurrents, fait passer des entretiens d’embauches fictifs aux salariés (déjà vu…), fait des organigrammes, étudie le bilan sur http://www.societe.com/, lit les communiqués de presse et articles de presse…
Il faut distinguer :
-L’info “Blanche”= dispo sur le site du concurrent, dans les articles de presse…).
- Les infos “grises”= faire des entretiens d’embauches aux salariés de ses concurrents, interroger ses partenaires et revendeurs…)
- Les infos noires = c’est de l’espionnage industriel… A ne pas faire bien évidemment !
Pour faire soi-même sa veille technologique et concurrentielle, il existe de nombreux outils:
Le temps c’est de l’argent, il faut donc une solution simple et pratique. Heureusement il existe des outils totalement gratuits. Voici les plus connus:
-www.google.fr avec son système d’alertes via des mots-clés.
Les informations envoyées par google sont issues des sites web, blogs, articles de presses… indexées par le moteur de recherche selon des mot- clés définis. Il faut donc les choisir avec grand soin pour éviter soit d’être débordé d’alertes, ou au contraire de n’en recevoir quasiment jamais. A privilégier les mots-clés ciblés entre guillements (ex: “nom du produit du concurrent”).
Pour gérer des alertes cliquez sur : http://www.google.fr/alerts?hl=fr
- Il y a également Addictomatic qui permet de recevoir une veille concurrentielle sur un terme donné, à partir des informations publiées sur Google News, Live News… mais aussi Twitter, Youtube…
-www.pragtec.com avec Vigilus Smart (surveillance des changements sur les sites Web).
C’est un logiciel vraiment simple: il suffit de lui indiquer quel site surveiller, et tous les matins au lancement de votre PC le Vigilus vous indique quelles pages ont
changé (surlignement en jaune)! Il ralentira un peu votre connexion au démarrage, mais c’est vraiment un très bon outil (Nb: attention, si vous surveillez un blog il indiquera tous les
changements, y compris le compteur du nombre de lectures d’un article… ).
- En logiciels du même style, il y a également www.snyke.com.Pour en savoir plus sur vos concurrents, vous pouvez également utiliser www.spyfu.com qui surveille vos concurrents et leurs investissements publicitaires (nb: lors de nos tests les résultats étaient très limités !), ou utilser la machine à remonter le Web l’Internet Archive qui archive régulièrement tous les sites internet mondiaux (actuellement 85 billions de pages archivées !). Il existe d’autres solutions de veille concurrentielle :- Wysigot : avec une version payante et gratuite.
- Sunflower (sur MAC) : avec aussi une version gratuite et payante. Le principe du logiciel est de faire une capture d’écran du site cible, et le logiciel détecte les changements visuels.
- DetectChange.com : comme c’est un site internet, il fonctionne sur MAC ou PC. La version gratuite permet de surveiller 5 pages internet.
- Update Scanning : un Plug in pour Firefox qui permet de suivre les modifications d’une page Web.
Il est indispensable de s’abonner aux newsletters professionnelles de son secteur, et aussi aux newsletters destinées à vos clients (cela permet de voir les pubs de vos concurrents et les vôtres).
Je recommande l’inscription à 3 ou 4 newsletters maximum, sous peine de ne pas avoir le temps de les lire. Pour gagner en efficacité je vous conseille de ne PAS lire vos newsletters le matin, mais de les réserver pour le moment de la journée où vous êtes moins occupé dans la journée.
Il faut s’astreindre à lire votre presse spécialisée pour rester toujours informé et à la pointe de la technique. Lire 1 ou 2 magazines est amplement suffisant. Mon conseil c’est de transporter toujours avec soit un magazine, un livre, un article, ou une revue de presse… afin de pouvoir le lire dans le métro, dans la voiture, en attendant chez le médecin… c’est toujours mieux que de regarder le plafond ou Le Figaro d’il y a 3 mois…
Selon les secteurs d’activité, il est intéressant de surveiller aussi la presse juridique (ex: www.rfconseils.com … ). Un simple abonnement à une newsletter vous donnera les grandes actualités juridiques.
Il ne faut pas hésiter à s’informer sur ce que font ses concurrents. Pour cela il est indispensable de s’abonner à leurs newsletters et de s’inscrire comme prospect/client. Comme cela vous serez au courant de leurs mailings, de l’évolution de leur gamme de produits…
En tant que spécialiste, il faut savoir rester à l’écoute: lorsque vous recevez des pubs dans votre boîte aux lettres, que vous êtes démarché, que vous regardez une publicité dans un magazine… ouvrez l’oeil ! Et n’hésitez pas à déchirer un article pour y réfléchir à tête reposée pour savoir comment l’adapter à votre métier : toutes les bonnes idées sont bonnes à prendre !!
L’idéal est de se faire un book avec le meilleur des pubs ou articles les plus intéressants.
Comment s’y prendre pour améliorer cette démarche ?
Voici une proposition de méthode déjà utilisée avec succès dans le cadre d’une PME.
Cette méthode se focalise principalement sur les parties recueil des besoins, collecte, mise en forme et diffusion de l’information du cycle de l’IE. La partie analyse de données est volontairement non approfondie car relevant le plus souvent de l’expertise du demandeur de l’information. En effet, ce dernier est souvent le mieux placé, surtout dans de petites structures, pour réaliser lui-même sa propre analyse. En revanche, le traitement de l’information, c’est à dire la mise en forme intelligible des données pour une exploitation rapide et efficace, est compris dans cette démarche.
La première étape est l’identification des « clients » de la veille. On ne peut raisonnablement pas tout collecter, tout analyser pour tout le monde. Il est souvent plus efficace
de commencer petit, faire son expérience et élargir ensuite son périmètre d’action.
Une fois le périmètre cible des utilisateurs défini, il convient de les rencontrer pour mener un diagnostic. Cette étape permettra de lister et comprendre les besoins en information des clients
de votre démarche IE, et surtout d’identifier comment ces informations seront utilisées. Prévoir l’exploitation d’une donnée (avant de la collecter) est un excellent moyen pour évaluer sa
pertinence et son intérêt. Cette approche apporte également une autre valeur ajoutée : réfléchir sur comment va être utilisée une information permet de définir comment les données devront se
présenter.
Une fois les besoins explicités, il faut définir les priorités. Une matrice est un bon outil pour pour classer des informations et obtenir une vision synthétique.
Ne pas oublier que la plus grande difficulté sera de classer les informations suivant des critères. Il s’agit d’un travail quelquefois fastidieux mais très riche car il oblige à
décortiquer les options possibles et ainsi mieux explorer les différentes facettes du sujet.
Une fois les priorités définies, il sera temps de concevoir un plan d’action pour coordonner la mise en place des décisions prises.
Voici donc une proposition de démarche pour éclaircir les pratiques et identifier les axes d’amélioration.
Il s’agit de déterminer quels sont les utilisateurs potentiels de la veille. On procède en faisant un inventaire des utilisateurs possibles, puis en sélectionnant les
utilisateurs cibles (ou fonctions clés). Ces derniers seront « les clients » de la veille que nous appellerons les utilisateurs.
Ce choix dépendra d’une sélection de critères à définir en fonction de la situation de l’entreprise. Par exemple, en sélectionnant les managers des processus clés pour une entité présentant un
déficit d’excellence opérationnelle ; ou bien en se focalisant sur le service commercial rencontrant de grandes difficultés face à la concurrence…
• Recensement de l’existant : qui reçoit quoi ? Suivant quelle périodicité ? Comment les informations sont-elles utilisées ? Quelles sont les sources ? Comment les informations sont-elles reçues ? Comment sont-elles stockées ? Quels problèmes sont rencontrés ? Que peut-on améliorer ? Quels besoins ne sont pas couverts ?
Ce recensement peut se faire par de simples interviews en face à face, à partir d’un guide d’entretien.
• Remplir une grille de synthèse (illustrée ici par des exemples fictifs) :
• Utilisateur : le destinataire de l’information
• Information/périodicité : information effectivement reçue et la périodicité de réception
• Usage : finalité de l’information, que va-t-on faire de l’information ? A quoi va-elle servir ?
• Existant E , nouveau N : précise s’il s’agit d’un besoin pour lequel des solutions existent déjà (et peut-être imparfaites) ou un nouveau besoin à couvrir.
• Source : orgine de l’information
• Support de diffusion / stockage : support de diffusion de l’information et moyen de stockage
• Problèmes / attentes : les points à améliorer
• Esquisse de solution : noter les premières idées pour calibrer l’ampleur de la solution à mettre en œuvre.
Une fois le diagnostic terminé, il faut prioriser les points à travailler.
Différentes approches sont alors possibles. Par exemple : faire une matrice avec sur un axe l’importance stratégique de l’information et sur un autre axe, le niveau d’investissement nécessaire
pour la mise en place de la solution.
Plus qu’un outil de synthèse, une matrice est également un outil de d’analyse. En effet, il sera peut-être nécessaire d’aller plus loin dans la qualification de la solution et de ce fait, retravailler cette matrice. Un travail en plusieurs boucles fonctionne bien avec ce genre d’outil : il pousse à se poser des questions, à creuser la faisabilité de certaines solutions possibles pour un arbitrage plus précis.
La dernière étape est la conception du plan d’action. Lorsque les priorités sont définies, il faut organiser l’action. Pour cela, il est souhaitable de concevoir un plan d’action. Cet outil se compose généralement au minimum des points suivants :
Quoi : les actions à faire peut-être subdiviser en micro-actions
Qui : les acteurs
Comment : les moyens à leur disposition
Quand : les échéances du projet
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